Marquage des bécasses.

Trois poussins d'un jour.

Je pratique cette activité passionnante depuis 1983. 
Le printemps avec la collaboration de mes chiens, je recherche des poussins bécasses dans un but bien spécifique les baguer. Pourquoi les baguer? Pour répondre à cette question, je dirais qu’il existe plusieurs réponses. Voici certaines explications: Cela nous permet d’obtenir des informations sur leur longévité, leur taux de survie, leurs déplacements, leur voie de migrations et leurs aires d’hivernage. Les informations recueillies avec le baguage nous informent sur la productivité, les dates d’éclosion, les habitats de nidification ainsi que ne nombreux détaille sur le comportement et la biologie de l’oiseau. 

Ma fille Geneviève m'a accompagné en quelques occasions. 

Parmi le nombre de poussins qu’il m’a été donné de baguer, plusieurs d’entre eux ont été capturés l’automne. Au Québec est aux U.S.A. En ce qui me concerne, j’ai récupéré trois poussins bécasses en période de chasse.

 

En matinée du 6 avril 1999, je vais aux bois pour faire de la chasse photo sur bécasse trouver des nids et des poussins bécasses pour les marquer.

Zouky est à l'arrêt (9 h. 42) je vais là servir, une bécasse s'envole  bizarrement. Elle feinte, une bécasse ayant soit des oeufs ou poussins. Mon septième sens me dit ce n'est pas normal. Nous regardons marcher cette bécasse, au plumage nuptial qui déambulait sur un tapis de feuille de couleur mordorée. Le spectacle était remarquable voire même grandiose à regarder sous un soleil radieux. Les quelques instants passés à observer cette bécasse m'ont semblé à la fois très longue, et sans doute un peut trop court. L’oiseau était hors de ma vue, je suis allé voir de près ce phénomène étrange?

En me dirigeant vers Scolopax minor qu'elle ne fut pas ma surprise de constater, effectivement elle était blessée au coude de l'aile gauche. En examinant scrupuleusement son coude, je m'aperçus cette blessure était récente. L’os du coude était cassé. Le sang n'était pas coagulé donc très liquide. La mandibule de cette femelle était imprégnée de terre sèche. Pourquoi cet oiseau a t'elle eu cette blessure je ne saurais dire? Je peux conclure à certaines hypothèses.

1: Que cette bécasse se soit blessée soit au décollage en heurtant une branche. Ce qui me semble peu probable?

2: Près de l'environnement où elle a été localisé, il y a des pylônes électriques, elle aurait peut être heurté un fil de haute tension?

3: Il y a possibilité d'une prédation?

Cette femelle n'a pu avoir cette fracture en période de vol nuptial. Les femelles ne participent pas à cette activité. Les vols nuptiaux sont réservés uniquement aux mâles. Je me suis dirigé vers ma voiture avec Scolopax minor dans ma main droite, je me suis arrêté chez moi pour y déposer Zouky au chenil, et prendre une boîte de carton pour y déposer l'oiseau. Je repris la voiture en direction de la SPCA. La préposée à la SPCA a rempli un constat et remis ma bécasse, en lieu sûr pour qu'elle soit soignée. A titre de renseignement la SPCA à une section spécifique réservée pour la faune.

Voici le document que m'a remis la préposée de la SPCA.

Le baguage de la bécasse en France.

Baguage de Noël :poignee-de-main:

Ça faisait un moment que cela me tentait, mais comment faire ?

Je lisais avidement les articles sur divers forums à ce sujet et je me demandais par quel biais peut-on faire partie de ces privilégiés qui assistent au baguage de bécasse. Béc@dorée m’a fournit l’opportunité tant attendue.

Un Technicien de ma Fédération de Chasse, Philippe, postait des compte-rendus de baguage avec quelques photos. Je me suis décidé à lui faire un petit message personnel en lui disant que, si cela ne le gênait pas, j’aimerai assister à une sortie « baguage ». Je lui laisse mon N° de portable, espérant un coup de fil. Coup de fil qui ne tarde pas et Philippe me propose une sortie la semaine suivante et sans le savoir, il va m’offrir le plus beau cadeau de Noël de ma vie !

C’est donc un peu fébrile que je me rends au point de rendez vous, je suis évidement en avance, faut pas que je rate ce rendez vous ! Je ne connaissais pas Philippe, mais on s’est reconnu tout de suite…..enfin, pour moi cela a été facile, il est venu avec une voiture de la FDC ! Surprise, il est seul et donc je vais être à la manœuvre avec l’épuisette…..j’en tremble ! Nous allons sur les prairies choisies par Philippe, il fait froid et il y a une petite bise. Philippe me dit qu’avec le vent, les contacts vont être plus difficiles. Petit briefing, on monte le matériel et l’on s’équipe de lampes frontales.

Philippe se munie du projecteur et d’une batterie et votre serviteur est un peu embarrassé avec l’épuisette ! Philippe me fait faire quelques mouvements avec l’engin et nous attaquons la recherche de notre bel oiseau. Au bout de quelques minutes, on aperçoit un oiseau entrain de véroter, c’est une bécassine. Nous tentons une approche, mais l’oiseau ne veut pas collaborer et s’envole prestement avant que l’on ait pu amorcer un geste. Dommage !Ensuite, nous dérangeons un lièvre, pas trop gêné par la lumière, on le regarde gambader sur le pré puis nous reprenons notre chemin. Puis vint le mot tant attendu « là, bécasse », Philippe éclaire l’oiseau en train de se dandiner à l’abri du vent….nous avançons doucement, je suis dans tous mes états….

Je tends l’épuisette et j’écoute sans entendre Philippe qui me dit « avance encore, encore » Mais trop pressé, je loupe mon « tir » d’une quinzaine de centimètres et nous regardons la bécasse papillonner dans la nuit pendant quelques secondes. Je suis dépité et Philippe me dit en rigolant : « tu as raté l’inratable, elle était bien sage, pas nerveuse du tout ! Mais, c’est ta première fois ! ». On fait un grand tour, espérant tous deux de retrouver notre fugitive, nous rencontrons un autre lièvre, tout aussi rassuré que son collègue de tout à l’heure. Nous ne retrouvons pas la bécasse et nous rentrons vers la voiture pour changer la batterie du projecteur. Arrivés presque à la voiture, un éclat m’attire les yeux et je dis à Philippe : « Là devant, y’en a une ! » Il cherche au loin, je lui fais signe qu’elle est devant nous, à trois mètres maxi, calée dans une ornière à l’abri du vent.

Branle bas de combat, on se recule, il m’éclaire et me dirige. Ce coup là, je l’écoute et j’abats l’épuisette sur l’oiseau. Elle est prise ! Je suis comme un enfant devant un magasin de jouet la veille de noël !!! Philippe la dégage délicatement du filet, sort les bagues, la pince puis, prestement et d’un geste sûr, la bague. Ensuite, il sort un peson et un sac en toile pour peser l’oiseau, 320 grammes pour la belle jeune tardive. Puis vint pour moi le moment magique, il me donne la bécasse, je la caresse et lui fais des bisous pendant qu’il note le numéro de la bague, le poids etc. etc.…Séance émotion !

Séance photos aussi. Dernier bisou sur la tête et je la relâche doucement devant moi, elle piète sur un petit mètre et s’envole dans la nuit noire. Je suis sur un petit nuage ! En tant que chasseur, lorsqu’on a une bécasse vivante entre les mains, c’est qu’elle est blessée et que l’on doit abréger ses souffrances, obligation assez pénible à mes yeux. Alors que là, j’ai tenu une bécasse, lui ai fais des bisous et surtout, surtout, je lui rends la liberté ! Nous changeons la batterie et nous repartons sur un autre lieu. Nous ne verrons que deux chevreuils tranquilles, un couché, l’autre qui broute autour, nous savourons ce moment privilégié ou les animaux ont l’air calme et serein. En retournant à l’auto, on aperçoit un renard au loin.

La sortie prend fin sans avoir eu d’autre contact. Mais pour moi, cette sortie restera gravée dans ma mémoire. Merci, Philippe, pour ce moment de bonheur intense. :merci:

« Modifié: 10 janvier, 2014, 20:55:52 pm par Frederic_Bouyer »

        

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          Dernière modification: 27 décembre, 2014